JOURNALISTE - CHRONIQUEUSE - FORMATRICE
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Sondage : 92% des personnes se disent insatisfaites de leur sexualité

Chaque personne devrait pouvoir s’épanouir dans une relation physique, qu’elle soit éphémère ou continue, frivole ou engagée. Mais comment est vécue la sexualité lorsque l’on vit dans un corps lourdement handicapé? Retours sur les chiffres clefs d’un sondage de terrain.

Je suis allée à la rencontre d’hommes et de femmes très dépendants, aidés jour et nuit par des équipes d’auxiliaires de vie, qui se relaient en permanence pour les gestes de la vie quotidienne. Lors d’un anniversaire associatif auquel j’étais convié, dix personnes sur quatorze ont accepté de répondre à quelques questions sur leur expérience sexuelle. Retours sur les chiffres issus de mon enquête de terrain.

92% des  personnes se disent insatisfaites de leur sexualité
Si une femme non handicapée sur deux se dit mécontente de sa sexualité, cette proportion est beaucoup plus importante chez les personnes très lourdement dépendantes. Les interviewés nous expliquent ressentir systématiquement peur et frustration avant, pendant et après l’acte, rendant presque impossible tout épanouissement psychologique. Et les raisons de ces émotions semblent être multiples: peur d’être rejeté, de décevoir, honte de son physique, mais aussi une véritable difficulté à organiser une rencontre ou une relation sans demander de l’aide à un tiers. Les hommes et les femmes interrogés se disent aussi particulièrement frustrés du manque de fréquence des relations, en décalage complet avec leurs désirs récurrents.

57% affirment avoir déjà pensé à une aide extérieure
Si le recours à la prostitution ou l’assistance sexuelle est une pratique encore tabou, plus de la moitié ont avoué avoir déjà pensé à cette solution pour satisfaire leurs besoins. » Le fait de payer pour une relation simplifie souvent les choses, me confie l’un d’entre eux. On n’a plus peur d’être rejeté ou de ne pas être à la hauteur, on explique ce qu’on aime et ce qu’on voudrait et tout s’organise… ».

Les relations sexuelles ne laissent pas les personnes interrogées satisfaites, et sont même souvent vécues comme source de nombreuses émotions tourmentées (peur, frustrations). L’option d’une aide extérieure est parfois envisagée, mais reste malgré tout assez rare (14%), et ne concernerait que la gente masculine. Reste à savoir si ce sondage, effectué auprès de quatorze personnes, est véritablement représentatif de la population lourdement handicapée.

 

L'auteur : Véronique Barreau